Qui peut engager l’entreprise par la signature d’un contrat ?
Découvrez qui peut réaliser la signature d’un contrat et quelles règles juridiques garantissent la validité et la sécurité de l’engagement.

Dans toute organisation, la signature d’un contrat engage juridiquement l’entreprise et produit des effets sur ses responsabilités comme sur ses opérations. Pourtant, identifier la personne réellement habilitée à signer les documents juridiques n’est pas toujours simple.
En cas de doute, la validité de la signature peut être fragilisée ou mettre fin au contrat entraînant des risques de nullité ou de litige. Sécuriser ce processus devient donc essentiel pour garantir la conformité et préserver la continuité des activités.
Il est donc essentiel de se pencher sur les règles qui déterminent qui peut engager l’entreprise et dans quelles conditions. Il devient tout aussi important de structurer la gestion des pouvoirs afin de renforcer la fiabilité des signatures et d’améliorer les conditions de travail des équipes concernées.
Qui possède, par principe, le pouvoir de signer les contrats au nom de l’entreprise ?
Dans toute organisation, le pouvoir de signature et la capacité d’engager juridiquement la société repose d’abord sur le représentant légal, conformément aux règles de représentation prévues par le Code civil (articles 1153 et suivants sur le mandat). Selon les situations, certaines obligations internes peuvent également découler du Code du travail.
L’identification du bon signataire est donc essentielle. Toute signature apposée sur un contrat ou un acte sous seing privé ne produit d’effets qu’à condition d’être portée par une personne disposant d’une véritable valeur juridique et d’un pouvoir régulièrement établi.
Le représentant légal : le premier titulaire du pouvoir de signer
Le représentant légal varie selon la forme sociale :
- gérant pour une SARL (article L.223-18 du Code de commerce),
- président ou directeur général pour une SAS (article L.227-6),
- ou encore administrateur mandaté dans une SA (articles L.225-56 et suivants).
Par nature, il dispose des pouvoirs les plus étendus pour engager la société, y compris en apposant son seing sur un contrat ou un acte. Sa signature exprime le consentement de l’entreprise et présume que les engagements peuvent légitimement être signés en son nom.
Toutefois, certaines limites peuvent exister. Notamment des clauses statutaires restrictives, des règles internes d’engagement, ou des obligations imposant la validation préalable par un organe de gouvernance. Ces éléments doivent être maîtrisés pour éviter qu’un engagement ne soit contesté.
Les dirigeants délégués et les mandataires sociaux : un pouvoir dérivé
Au-delà du représentant légal ou du mandataire social, d’autres personnes peuvent signer au nom de l’entreprise lorsqu’un pouvoir leur est transmis.
Ce pouvoir dérivé repose sur un fondement clair : procès-verbal d’organe social, décision écrite ou mandat conforme aux règles du Code civil.
Pour être valable, ce pouvoir dérivé doit être :
- Écrit et explicite, conformément à l’esprit des articles 1154 et suivants du Code civil qui exigent un mandat suffisamment précis.
- Proportionné, en définissant les types d’actes ou contrats visés par la délégation.
- Traçable, afin d’être produit en cas de contrôle ou de contestation judiciaire.
- À jour, pour éviter l’utilisation involontaire d’un mandat devenu caduc.
- Communiqué aux équipes, afin que chacun sache clairement qui peut engager l’entreprise.
Une délégation bien documentée, actualisée et accessible permet de sécuriser la signature et d’éviter qu’un acte soit remis en cause pour absence de pouvoir ou irrégularité. À l’inverse, une délégation imprécise ou introuvable fragilise la validité de l’engagement contractuel.
Une signature est-elle toujours valable ?
La signature d’un contrat n’est valable que si elle émane d’une personne habilitée, libre de consentir, et si elle respecte les exigences de formalisme imposées par la loi ou par l’entreprise. La validité de la signature dépend donc autant de la qualité du signataire que de la conformité du document et du processus interne.
Une personne habilitée et clairement identifiée
Pour qu’un engagement contractuel produise pleinement ses effets, il doit être signé par une personne ayant la capacité juridique d’agir au nom de l’entreprise. Cette exigence vaut pour tout type d’acte, qu’il s’agisse d’un marché commercial, d’un contrat à durée indéterminée, d’un contrat à durée déterminée ou d’un type de contrat de travail plus spécifique.
Une signature apposée par une personne non habilitée peut être contestée, voire dépourvue de force probante, ce qui fragilise l’acte et ouvre la voie à une remise en cause de son opposabilité.
Un pouvoir démontrable et vérifiable
La capacité du signataire doit pouvoir être prouvée. Cela suppose l’existence d’un support juridique clair (délégation écrite, mandat, procès-verbal ou décision interne). En l’absence de documentation, l’entreprise s’expose au risque d’un « pouvoir apparent » non démontré, qui peut conduire à invalider le contrat ou à compromettre la preuve par écrit de l’engagement.
Une signature conforme aux règles internes
La signature doit également respecter les règles internes de l’entreprise (seuils financiers, périmètres opérationnels, processus de validation).
Le non-respect de ces règles n’entraîne pas la nullité du contrat à l’égard du tiers de bonne foi, mais peut créer des difficultés en interne.
Ce cadre interne contribue à sécuriser le processus de signature. Une signature électronique ou une signature manuscrite apposée au bon moment, dans le bon circuit et selon les règles prévues, renforce la fiabilité opérationnelle et la gouvernance contractuelle.

Délégation de pouvoir, délégation de signature et mandat : quelles différences ?
Dans les entreprises, plusieurs mécanismes permettent d’engager l’organisation contrairement à une signature pour ordre. Lorsque la signature doit intervenir sous quelques jours ouvrables, l’absence de délégation claire peut freiner la conclusion du contrat. Les distinguer évite les confusions entre responsabilités, portée des actes et rôle des signataires.
Délégation de pouvoir : transférer une partie de l’autorité
La conséquence d’une délégation de pouvoir donne au délégataire une véritable capacité d’engager l’entreprise dans un périmètre défini. Elle est utilisée pour des sujets sensibles ou techniques.
Elle permet notamment :
- d’agir pour l’entreprise dans un champ déterminé ;
- de sécuriser des actes ayant une valeur probante importante ;
- d’encadrer des décisions liées, par exemple, à une clause de non concurrence.
Délégation de signature : un mécanisme strictement opérationnel
La délégation de signature n’emporte aucun transfert d’autorité décisionnelle. Elle permet uniquement de signer matériellement un document déjà décidé ou validé par la hiérarchie. Elle repose généralement sur un acte sous signature privée (acte ssp), dont la simplicité facilite la gestion des actes juridiques du quotidien. Ce mécanisme vise avant tout à fluidifier les processus internes tout en sécurisant la portée de la signature apposée.
Mandat : un pouvoir ponctuel et limité
Le mandat confère un pouvoir ciblé pour accomplir un acte précis : négocier ou rédiger un contrat, signer un document unique, ou mener une opération ponctuelle.
Un mandat repose généralement sur :
- un acte rédigé mentionnant la durée et les limites ;
- un périmètre clairement défini ;
- une mission qui prend fin une fois l’acte réalisé.

Quels risques si le contrat est signé par la mauvaise personne ?
Lorsqu’un contrat est signé par une personne dépourvue de pouvoir, l’entreprise s’expose à des risques juridiques, financiers et opérationnels importants. Même si le contrat peut rester opposable au tiers de bonne foi, un tel scénario ouvre la voie à la contestation, complique les audits et fragilise la gouvernance interne.
Risques juridiques : nullité, inopposabilité, invalidation
Une signature irrégulière peut entraîner un cas de litige portant sur la validité de l’acte, notamment si le cocontractant démontre l’absence d’habilitation ou apporte la preuve du contraire du pouvoir allégué.
La difficulté est encore plus marquée lorsque l’acte doit prendre une forme renforcée, comme un acte authentique électronique ou certains actes sous seing privés, pour lesquels l’identification du signataire est essentielle.
Risques financiers : pénalités et engagements non maîtrisés
Une signature apposée par la mauvaise personne peut conduire l’entreprise à dépasser des seuils financiers, à s’engager sur des conditions non autorisées ou à supporter des pénalités contractuelles. Ces situations génèrent des coûts parfois élevés et mettent en lumière un défaut de contrôle interne.
Risques opérationnels : perte de confiance interne et externe
Une signature irrégulière perturbe les processus, crée des tensions entre services et peut altérer la relation avec les partenaires, les auditeurs ou les autorités de contrôle en cas de récidive. Les difficultés d’exécution, les demandes de clarification ou les reports d’échéances nuisent à la fluidité opérationnelle et affaiblissent la crédibilité de l’entreprise.
Face à ces risques, il est fortement recommandé pour les entreprises de s’appuyer sur une organisation solide des habilitations. C’est précisément ce que permet notre approche.

Comment une approche digitalisée comme Legalcluster transforme la gestion des signatures ?
Grâce à notre approche collaborative : les clusters, nous réunissons dans un même espace toutes les données, documents et workflows liés aux habilitations. Cette organisation nous permet d’offrir une vision unifiée, mise à jour en temps réel, où chaque pouvoir peut être établi sous forme de document électronique sécurisé et directement accessible.
Nous facilitons aussi la collaboration entre juridique, RH et managers grâce au mur d’activité, aux notifications et aux circuits d’approbation intégrés. Les signatures électroniques s’intègrent naturellement à ce processus, pour garantir une cohérence continue et une réelle sécurité juridique. Un sujet que nous détaillons dans notre webinar.
Enfin, nous assurons une donnée tracée, historisée et protégée, ce qui renforce son intégrité dans un environnement où la dématérialisation devient la norme. Résultat : moins de risques, moins d’incertitudes et une maîtrise complète des habilitations de signature.
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Conclusion
La maîtrise des pouvoirs de signature demeure un enjeu central de sécurité juridique, de clarté et de fiabilité pour toutes les organisations. La signature d’un contrat n’est jamais une formalité. Elle engage l’entreprise et doit produire une valeur légale incontestable. Certains actes, lorsqu’ils sont authentiques (notamment actes notariés ou contresignés par avocat), bénéficient d’une force exécutoire, tandis que d’autres doivent simplement être enregistrés pour obtenir une date certaine. Assurer l’authenticité des habilitations et offrir des garanties d’intégrité à chaque étape constitue donc une nécessité.
En structurant les délégations et mandats, les entreprises sécurisent leur capacité à apporter une preuve authentique, réduisent les risques d’erreur et améliorent l’efficacité des processus internes. Une gestion digitalisée et collaborative transforme ainsi la signature en un acte soutenu par des référentiels fiables et des validations transparentes.


